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DISCOTHEQUES FERMÉES AU MOINS JUSQU’EN AVRIL 2021

 

Covid-19. Fermées au moins jusqu’en avril , « les discothèques sont en train de crever »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme toutes les boîtes de nuit en France, le Missyl, à Pontivy et le Welcome, à Crédin vont rester fermés jusqu’en avril 2021. Désespérés, Dominique Allio et Régis Toutain ne comprennent pas pourquoi les bars sont rouverts alors que leurs discothèques, « avec des agents de sécurité en plus », ne le sont pas.

Régis Toutain, gérant du Missyl, à Pontivy, et Dominique Allio, gérant du Welcome, à Crédin, sont atterrés par l’idée que leurs discothèques restent fermées jusqu’en avril 2021.
Régis Toutain, gérant du Missyl, à Pontivy, et Dominique Allio, gérant du Welcome, à Crédin, sont atterrés par l’idée que leurs discothèques restent fermées jusqu’en avril 2021. | OUEST-FRANCE

« Les boîtes de nuit sont en train de crever, se désolent-ils. Pourquoi les bars sont rouverts alors que nous, avec des agents de sécurité en plus, on n’en a pas le droit ? Avril, c’est très loin… »

 

« Tout le monde a droit au chômage, sauf moi ! »

Dominique Allio a repris le Welcome, à Crédin, en 2013, à la suite de ses parents et de son oncle. Une discothèque de campagne, familiale, ouverte seulement les vendredis soir. Le reste de la semaine, je suis chauffeur routier, j’ai un salaire à côté. Mais nos douze salariés sont au chômage partiel, et on voit des années de travail foutues en l’air…

 

Pour Régis Toutain, qui a repris la seule discothèque de Pontivy en 2015, et son nouvel associé, Jean-Pierre Le Berrigo, arrivé en janvier 2020, la situation financière est nettement plus critique. Le Missyl emploie cinq salariés en CDI et sept extras. Nous avons presque 4 000 € de loyer et tous les mois, les charges tombent. Eau, électricité, alarmes, mutuelle des salariés… On vient d’avoir la taxe foncière : 2 750 €. J’ai dû emprunter 74 000 €, heureusement que l’une de mes deux banques a accepté…

 

Les deux discothèques ont touché, comme toutes les entreprises éligibles, une aide de 1 500 € de l’État.  Un décret pris hier va nous permettre d’être indemnisés pour une partie de nos charges, jusqu’à 15 000 € par mois pour juin, juillet et août. Il était temps ! Mais d epuis plus de sept mois, on n’a plus aucun revenu personnel… Tout le monde a droit au chômage, sauf moi ! » , s’indigne Régis Toutain.

 

Candidats à une ouverture expérimentale

Désespérés mais déterminés, les gérants de discothèques du Morbihan ont multiplié les actions : manifestations à Vannes et à Rennesintervention à la radioopérations escargots sur la voie express

 

La semaine prochaine, Régis Toutain a rendez-vous avec le préfet. Le patron du Missyl a aussi rencontré plusieurs fois la députée de Pontivy, depuis mars. Leurs difficultés sont un crève-cœur. On sait que le danger est plutôt dans les fêtes sauvages. Les discothèques peuvent garantir une fête sous contrôle, assurait Nicole Le Peih, qui est membre d’un groupe de travail sur les discothèques à l’Assemblée.

La parlementaire serait favorable à une ouverture expérimentale, avec un protocole sanitaire approprié, dans certaines régions peu touchées. C’est aussi le souhait des patrons du Welcome et du Missyl, qui se disent prêts, et gardent contact avec leurs clients via les réseaux sociaux.

Après l’échec de l’organisation d’une soirée en plein air à l’hippodrome, en juillet 2020, qui lui est resté en travers de la gorge, le gérant du Missyl a vu passer la rentrée, une période d’habitude porteuse pour nous, avec l’arrivée des nouveaux étudiants à Pontivy. Cette année, ils n’ont pas découvert sa boîte de nuit. Les soirées se font quand même, mais ailleurs. Il y a des rave-parties, des fêtes privées… On nous avait promis qu’on ne nous laisserait pas au bord de la route, mais là, on est carrément dans le fossé.



25/10/2020
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