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Coronavirus : L'exécutif sous pression face au rebond de l'épidémie (le 11 octobre 2020)

 

Coronavirus : L'exécutif sous pression face au rebond de l'épidémie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

EPIDEMIE Alors que l'épidémie de coronavirus connaît un rebond, Emmanuel Macron et Jean Castex devraient être cette semaine au premier plan pour expliquer leur gestion de la crise sanitaire et économique

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Jean Castex et Emmanuel Macron, le 14 juillet 2020 à Paris.
Jean Castex et Emmanuel Macron, le 14 juillet 2020 à Paris. — Jacques Witt/SIPA
  • La situation sanitaire se dégrade depuis quelques semaines, poussant l’exécutif à prendre des mesures contraignantes dans certaines métropoles et certains départements.
  • Le gouvernement fait également face à une certaine défiance dans l’opinion, comme lors de la première vague de coronaviurus en France.
  • Pour tenter d’y remédier, le Premier ministre Jean Castex sera ce lundi matin sur France Info pour expliquer la gestion de la crise sanitaire et économique. Emmanuel Macron réfléchit lui aussi à une éventuelle intervention dans les médias cette semaine.

Les chiffres ne sont pas bons. L’épidémie de coronavirus continue de circuler, avec 16.101 nouveaux cas positifs et 46 décès enregistrés ce dimanche en 24 heures, et un total de 1.483 personnes en réanimation, un record depuis mai. Face à la détérioration sanitaire, le gouvernement a placé samedi quatre nouvelles villes en « zone d’alerte maximale », synonyme de nouvelles restrictions à Lyon, Grenoble, Saint-Etienne et Lille, qui ont rejoint Aix-Marseille, la Guadeloupe, Paris et sa petite couronne. Mardi, Toulouse et Montpellier entreront aussi dans cette catégorie, ont annoncé ce dimanche les préfectures concernées. Dans un contexte de rebond épidémique, la pression s’accroît sur l’exécutif, contraint d’endosser des mesures impopulaires tandis que sa popularité baisse selon plusieurs sondages.

Un contexte qui se corse pour Castex

Dès ce lundi, Jean Castex interviendra à la radio, sur France Info à 8h30, pour faire le point sur la stratégie du gouvernement face à la crise sanitaire. Après une rentrée difficile, le Premier ministre a vu sa cote de confiance baisser pour atteindre 28 % selon une enquête de l'institut d'études Elabe parue le 8 octobre. « Son arrivée à Matignon, en juillet, devait permettre de tourner la page de la première vague et d’enclencher le temps de la relance. Mais le contexte a changé et aujourd’hui il a besoin de montrer qu’il incarne la fonction de chef du gouvernement », observe Bernard Sananès, président du cabinet d’études et de sondages Elabe.

« C’est important que Jean Castex s’exprime, pour faire le point, car on assiste ces derniers jours à de multiples interventions d’experts qui se contredisent, et les gens n’y comprennent plus rien », souffle Bruno Questel, député La République en marche de l’Eure.

Une pression plus forte que lors de la première vague

Le Premier ministre n’est pas le seul à faire les frais de la crise sanitaire et économique. La cote de confiance d’Emmanuel Macron est également en baisse, à 32 % selon le même sondage. « Il y a également une défiance dans la manière dont l’exécutif a géré la crise. Une partie de l’opinion critique le manque d’anticipation de cette deuxième vague, poursuit Bernard Sananès. Le risque, c’est que l’opinion soit plus sévère sur la gestion de cette reprise épidémique que sur celle de la première vague. L’exécutif va devoir se démener pour expliquer qu’il n’a pas été négligent dans la préparation de la deuxième vague. »

Une pression accrue que n’ignore pas le chef du gouvernement. « L’acceptabilité des mesures est plus faible », constate l’entourage du Premier ministre, qui rappelle son objectif : « trouver un équilibre, pour ne pas trop perturber la vie sociale, économique et quotidienne des Français, et ne pas déborder notre système de soins ». D’où la nécessité pour le gouvernement de communiquer régulièrement : « on navigue à court terme, on a deux à trois semaines d’anticipation grâce aux modélisations. Donc on prend des mesures environ tous les 15 jours, avec pour objectif d’éviter la saturation des hôpitaux. Si les indicateurs sont mauvais, on assumera de prendre des mesures impopulaires », poursuit-on à Matignon.

« On doit se mettre en mode combat »

Signe que l’exécutif est conscient de cette défiance, le chef de l’Etat pourrait lui aussi prendre la parole dans la semaine pour parler de l’épidémie. L’Elysée réfléchirait à une intervention télévisée, mais l’agenda du président n’était pas « stabilisé » ce dimanche soir, nous a indiqué la présidence. Pour Bernard Sananès, l’enjeu est particulier pour Emmanuel Macron. « Une partie des sondés lui reprochent un manque de proximité et soulignent qu’il s’occupe beaucoup de l’international, mais pas suffisamment des Français ».

 

Cette pression ne devrait pas diminuer de sitôt, de l’aveu même de la majorité. « Les semaines, les mois à venir vont être de plus en plus tendus », prédit Bruno Questel, qui craint notamment « une nouvelle rafale de plaintes devant la Cour de Justice la République » contre des membres du gouvernement, accusés par certains citoyens d’avoir failli à leur mission face au coronavirus. « La majorité doit se mettre en mode combat, et arrêter d’être gentille », lance le parlementaire. Le gouvernement devra en outre faire face cette semaine à une nouvelle journée de mobilisation chez les personnels hospitaliers. Plusieurs syndicats et collectifs appellent à la grève jeudi 15 octobre pour réclamer des embauches, une revalorisation des salaires et pour dénoncer des mesures gouvernementales jugées insuffisantes lors du « Ségur de la santé ».



12/10/2020
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